Où va ma taxe

Exonération de taxe foncière 2026 : plafonds et conditions

Mis à jour le 31 août 2026.

Plusieurs dispositifs allègent ou annulent la taxe foncière. Certains s'appliquent automatiquement, d'autres exigent une démarche dans un délai court. En manquer un coûte cher, et personne ne vous préviendra.

Les dispositifs en un coup d'œil
Plus de 75 ans, revenus modestesexonération totale, automatique
65 à 75 ans, revenus modestesdégrèvement de 100 euros, automatique
ASPA, ASI, AAHexonération totale
Construction neuve2 ans, sur déclaration sous 90 jours
Taxe supérieure à 50 % des revenusplafonnement, sur réclamation
Logement locatif vacant subidégrèvement, sur réclamation

Retraités : l'âge et le revenu, jamais le statut

Il n'existe pas d'exonération de taxe foncière réservée aux retraités. Trois choses seulement ouvrent un droit : votre âge au 1er janvier, votre revenu fiscal de référence, et le fait de percevoir certaines allocations. Un retraité de 68 ans aux revenus modestes obtient 100 euros de dégrèvement, le même à 76 ans ne paie plus rien, et un retraité au-dessus du plafond paie la totalité quel que soit son âge. Les seuils 2026 sont dans les trois sections qui suivent.

Après 75 ans, l'exonération totale

Si vous avez plus de 75 ans au 1er janvier de l'année d'imposition, votre résidence principale est totalement exonérée de taxe foncière, à condition que votre revenu fiscal de référence de l'année précédente reste sous le plafond de l'article 1417-I du code général des impôts. Ce plafond est revalorisé chaque année ; pour la taxe 2026, en métropole, il s'établit à :

Plafond de revenu fiscal de référence 2026 (barème publié au BOFiP)
1 part12 793 €
1,5 part16 209 €
2 parts19 625 €
par demi-part en plus+ 3 416 €

Le revenu fiscal de référence se lit en première page de votre avis d'impôt sur le revenu ; c'est celui de l'an dernier qui compte pour la taxe de cette année. La loi demande aussi d'occuper le logement seul, avec votre conjoint, avec des personnes à votre charge ou avec des personnes dont les revenus tiennent eux-mêmes sous ce plafond.

L'exonération est en principe accordée automatiquement à partir de votre déclaration de revenus. En pratique, un changement de situation la fait parfois sauter : si vous remplissez les conditions et que l'avis arrive quand même, réclamez, le rappel est rétroactif. Cas particulier utile : en cas de départ en maison de retraite ou en établissement de soins de longue durée, vous conservez l'exonération de votre ancien domicile tant qu'il reste libre de toute occupation.

Entre 65 et 75 ans, un dégrèvement de 100 euros

Sous la même condition de ressources, les propriétaires de 65 à 74 ans au 1er janvier bénéficient d'un dégrèvement forfaitaire de 100 euros sur la taxe de leur résidence principale. Ce n'est pas une exonération, c'est une réduction fixe, appliquée d'office : elle doit figurer directement sur votre avis, sans démarche de votre part.

Allocations de solidarité et handicap

Les titulaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) sont exonérés sans condition d'âge. Les bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) le sont sous la condition de ressources du tableau ci-dessus. Dans tous les cas, l'exonération porte sur la résidence principale, avec la même règle d'occupation.

Construction neuve : deux ans, mais il faut le déclarer

Un logement neuf est exonéré de taxe foncière pendant les deux années qui suivent son achèvement. Attention au piège : l'exonération est perdue si la déclaration d'achèvement n'est pas déposée dans les 90 jours. Elle se fait en ligne depuis le service « Gérer mes biens immobiliers » de votre espace impots.gouv.fr, ou sur formulaire papier : le 6650-H1 pour une maison individuelle, le 6652-H2 pour un appartement.

Depuis 2021, les communes peuvent limiter cette exonération à une fraction de 40 % à 90 % de la base pour les logements ne bénéficiant pas d'un prêt aidé : elle n'est donc plus systématiquement totale, et deux communes voisines peuvent traiter le même pavillon neuf différemment. Les logements sociaux relèvent d'un régime distinct, avec des exonérations qui peuvent atteindre plusieurs décennies.

Travaux de rénovation énergétique : une exonération votée commune par commune

Des travaux d'économie d'énergie ouvrent une exonération de 50 % à 100 % de la part communale pendant trois ans, pour un logement achevé depuis plus de dix ans au 1er janvier de la première année d'application. Deux conditions de montant, dont une seule suffit : plus de 10 000 euros de dépenses l'année précédente, ou plus de 15 000 euros sur les trois années précédentes, par logement (article 1383-0 B du code général des impôts).

Le point décisif est ailleurs : cette exonération n'existe que si votre conseil municipal l'a votée. Il n'y a aucun droit national, et deux communes voisines peuvent traiter la même rénovation différemment. La demande se dépose au centre des finances publiques avec les factures, avant le 1er janvier de la première année d'exonération. Ne la confondez pas avec MaPrimeRénov ou le taux réduit de TVA, qui sont des aides aux travaux et ne touchent pas la taxe foncière.

Quand la taxe dépasse la moitié de vos revenus

Un mécanisme de plafonnement peu connu permet d'obtenir le dégrèvement de la fraction de taxe foncière qui excède 50 % de vos revenus, pour votre résidence principale. Il vise les propriétaires modestes d'un logement à forte valeur cadastrale, situation fréquente dans les zones devenues chères après l'achat. Le plafond de revenus est nettement plus généreux que celui de l'exonération : pour la taxe 2026, 30 083 euros pour une part, majorés de 7 029 euros pour la première demi-part supplémentaire et de 5 533 euros pour les suivantes. Ce dégrèvement n'est pas automatique : il faut le réclamer, avec le formulaire dédié au plafonnement (2041-DPTF-SD) ou sur papier libre.

Logement vacant ou local commercial inoccupé

Un logement destiné à la location, resté vide au moins trois mois pour une raison indépendante de votre volonté, peut donner lieu à un dégrèvement proportionnel à la durée de la vacance. Celle-ci doit être subie, et le logement réellement proposé à la location : une résidence secondaire laissée fermée n'ouvre aucun droit. Le même mécanisme vaut pour un local commercial ou industriel dont l'exploitation est interrompue.

Ce que votre commune peut voter en plus

L'exonération pour travaux ci-dessus, celle des logements neufs et plusieurs régimes de logement social relèvent tous d'une délibération locale. Le taux, lui, se vote chaque année : la fiche de votre commune sur ce site montre ce qu'elle a décidé pour 2026 et ce que font ses voisines.

Le piège des ordures ménagères

C'est l'erreur la plus courante. Être exonéré de taxe foncière ne vous exonère pas de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Un propriétaire de plus de 75 ans exonéré à 100 % reçoit malgré tout un avis, portant uniquement cette ligne. Ce n'est pas une erreur de l'administration. Cette taxe, souvent la deuxième ligne de l'avis, est détaillée dans le guide des ordures ménagères.

Usufruit, indivision : qui est redevable ?

C'est l'usufruitier, et non le nu-propriétaire, qui doit la taxe foncière ; c'est donc sa situation à lui, âge et revenus, qui ouvre ou non les exonérations. En indivision, l'avis est établi au nom des indivisaires, et les conditions s'apprécient sur l'ensemble des occupants du logement.

Comment vérifier, comment réclamer

Commencez par relire l'avis : les exonérations et le dégrèvement de 100 euros y figurent en clair quand ils ont été appliqués. S'il manque un droit, la réclamation se fait auprès de votre centre des finances publiques, par la messagerie sécurisée de votre espace personnel ou par courrier, avant le 31 décembre de l'année qui suit celle de la mise en recouvrement. Passé ce délai, le droit est perdu même s'il était fondé. Réclamer ne dispense pas de payer dans l'intervalle, sauf à demander expressément un sursis de paiement : la méthode complète est dans Contester sa taxe foncière.

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