Où va ma taxe

La valeur locative cadastrale : d'où sort la base de votre taxe foncière

Mis à jour le 31 août 2026.

Tout votre impôt foncier repose sur un seul nombre : la valeur locative cadastrale, le loyer annuel que votre logement rapporterait en théorie s'il était loué. Ce nombre a été fixé à partir du marché locatif de 1970, et il n'a jamais été réévalué de fond en comble depuis : il est seulement revalorisé, chaque année, du même pourcentage pour tout le monde.

Le calcul, pas à pas

Pour chaque local d'habitation, l'administration a établi une surface pondérée : la surface réelle des pièces, corrigée par leur usage et leur taille, augmentée d'équivalences pour les annexes (garage, cave) et pour chaque élément de confort (eau courante, électricité, chauffage central, salle d'eau comptent chacun pour quelques mètres carrés supplémentaires). Cette surface est multipliée par un tarif au mètre carré, celui d'un local de référence de la même commune et de la même catégorie, un classement de 1, grand luxe, à 8, très médiocre, qui traduit l'état et le standing du logement. Le tout, assis sur les loyers de 1970, donne la valeur locative dite « 70 ».

La taxe foncière n'en retient que la moitié, au titre d'un abattement forfaitaire de 50 % censé couvrir les frais du propriétaire, puis y applique les taux votés par vos collectivités. La composition exacte de la facture est détaillée dans À qui va votre taxe foncière.

La revalorisation annuelle, seule mise à jour générale

Faute de révision générale, la loi revalorise chaque année toutes les valeurs locatives du même coefficient, indexé depuis 2018 sur l'inflation constatée en novembre de l'année précédente. C'est cette mécanique, automatique, nationale et sans aucun vote local, qui a fait grimper les bases de plus de 7 % en 2023 et qui explique l'essentiel des hausses récentes, comme le détaille Pourquoi votre taxe augmente.

Pourquoi votre valeur locative est peut-être fausse

Un demi-siècle de vie d'un logement passe difficilement inaperçu, sauf au cadastre. Les fiches de 1970 ont été mises à jour au gré des déclarations de travaux et des mutations, c'est-à-dire inégalement : des vérandas démolies restent comptées, des combles jamais aménagés figurent en pièces habitables, des catégories de confort datent d'avant toute rénovation. Le biais joue dans les deux sens, car une salle de bains ajoutée sans déclaration manque aussi à l'appel. Les travaux et constructions doivent d'ailleurs être déclarés dans les 90 jours de leur achèvement : c'est cette déclaration qui ouvre, pour les constructions neuves, l'exonération temporaire de deux ans.

Comment vérifier la vôtre

Demandez la fiche d'évaluation de votre local à votre centre des impôts foncier, par la messagerie de votre espace impots.gouv.fr ou au guichet : elle est communicable de plein droit et détaille surface retenue, annexes, éléments de confort et catégorie. Relisez-la pièce par pièce ; si un élément ne correspond pas à la réalité, la correction se demande par une réclamation, dont la méthode et les délais sont décrits dans Contester sa taxe foncière.

Et la grande révision, alors ?

Une révision générale des valeurs locatives des locaux d'habitation est régulièrement annoncée et régulièrement repoussée : initialement prévue pour produire ses effets au milieu des années 2020, elle a été décalée à la fin de la décennie. Les locaux professionnels, eux, ont basculé en 2017 sur des valeurs révisées assises sur les loyers réels. D'ici là, votre impôt continue de reposer sur le marché locatif de 1970. Raison de plus pour vérifier que la fiche, elle au moins, décrit bien votre logement.

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